Comédie dans le ghetto avec Bow Wow et Ice Cube [MATER]

Le_fameux_ticket_gagnant_Allo_rap

Les « ghetto movies » se ressemblent tous. C’est une niche peu rentable alors les budgets pour ce genre là ne sont pas énormes comme pour Lottery Ticket (2010), qui est apparu récemment sur les sites de téléchargements illégaux français. Il se distinguent par un casting sobre et intelligent, avec « seulement » deux célébrités mais non des moindres : Bow Wow et Ice Cube. C’est Erik White, qui d’habitude s’essayait plus aux clips vidéos et autres spots publicitaires, qui réalisa ici son premier film. Et cela se sent vraiment, car un vent d’amateurisme souffle sur cette production pourtant non dénuée d’intérêt qui traite d’un sujet universel : la richesse soudaine

Notre note
Beats Solo3 Wireless
9.7 Exceptionnel
Powerbeats Pro Wireless
9.5 Excellent
Beats Studio3 Wireless
9.3 Excellent
Modèle
Beats Solo3 Wireless
Powerbeats Pro Wireless
Beats Studio3 Wireless
Critiques
exceptionnel
54 220 votes
exceptionnel
42 408 votes
exceptionnel
41 008 votes
Disponible surDisponibleDisponibleDisponible
Visiter la pageVisiter la pageVisiter la page

L’histoire est banale mais sa simplicité rend très réaliste la trame principale. Par contre évidemment son développement est lisse et enjolivé, car c’est avant tout un film et pas un documentaire. Mais l’aspect social prend une place importante puisque l’on voit les réactions exagérées que suscite une grande loterie spéciale pour la fête nationale du 4 juillet. Et bien sur, le veinard du ghetto a avoir trouvé les bons numéros est Kevin Carson (Bow Wow). Il représente l’archétype du antihéros qui essaye de se taper la bombasse de service, qui elle ne se tape que des stars (elle se vante d’avoir séduit Jay-Z et tout un tas d’autre caillasseux). Et bien sur sa copine de toujours, un peu coincée, voudrait sortir avec lui, mais lui n’y songe même pas un seul instant, accaparé par son meilleur pote, un doux dingue nommé Benny (Brandon T. Jackson, une genre de Martin Lawrence du pauvre version jeune du ghetto) et sa grosse mama, marrante mais bavarde au point de révéler l’existence du fameux ticket de loterie pas encore encaissé car c’est un jour férié qui précède un week-end.

Voilà donc le nœud central : non seulement Kevin se ballade avec un ticket qui vaut plusieurs millions de dollars en essayant de ne pas se le faire chouraver pendant 3 jours avant son encaissement, mais il doit lutter avec l’escadron de profiteurs qui voudraient tout simplement se rincer le gosier auprès de ce nouveau Rockfeller de la cité. On voit donc bien que faire rêver le public avec ce tas oseille était la certitude de faire une œuvre avec une thématique forte mais pas ultra décoiffante… Heureusement, les dialogues ne sont pas trop surjoués : assez percutant et souvent poilant, car chaque personnage a son lot d’ânerie à sortir, à l’image du pasteur qui laisse entendre au travers d’un discours complètement déjanté qu’il faut refaire son église, changer de femme et de baraque au passage grâce à un généreux don… On observe donc la vénalité des petites gens devant un gros jackpot. Le seul reproche sur la mise en scène est qu’elle est un peu molle, les rebondissements ne sont pas incroyables mise à part peut-être le twist final. Ce qui a valu peut être cette note sèche de 4,2 / 10 sur IMDB. Enfin je ne spolierais pas la fin mais je peux quand même dévoiler qu’Ice Cube rôde dans les parages et qu’il joue sobrement et efficacement son rôle de vieil ours solitaire qui ne sort pas de sa cave et qui fut déçu de pas avoir réussi dans la boxe. Encore un antihéros sympathoche.

 

Lottery_ticket_trio_allo_rap

Revenons au pognon bordel. Il suscite toute la palette d’émotion que l’on est en droit d’attendre : d’abord Kevin et Benny sont tout excité, ensuite ils sombrent dans la parano quand il découvrent la foule de nouveaux amis courant après eux. Et bien sur, ils finissent par douter l’un l’autre et de leur amitié : il se brouille pour une petite querelle. C’est comme si Kevin tombait de haut au sujet de son entourage et même sur ses propres fantasmes, car la bimbo qu’il a réussi à pécho (et qui ne le calculait pas avant qu’il soit riche) montre son vrai visage en ne voulant pas avoir de rapports protégés, dans le but bien sur de se faire engrosser et de pouvoir toucher le pactole. Cela nous ramène un peu sur terre et rappellera à tous certaines anecdotes sordides. Bref. Comme si c’était pas assez la merde, il a sur le dos le caïd-méchant-pas-beau-musclé de la cité. Et c’est pas un cadeau. Le genre de monstre urbain qui arrête de nuire seulement une fois dans sa tombe. Et c’est là qu’apparaît encore une tournure scénaristique conventionnelle : le riche parrain de la mafia locale décide d’apporter sa protection à Kevin et à sa troupe en lui « prêtant » 100 000 dollars. Quand vous êtes dans la merde, en l’occurrence en bisbille avec une enflure, c’est une plus grosse enflure qui vous tend la main. Car bien sur cette aide n’est pas gratuite

C’est sur que le cinéma n’est qu’un extenseur de notoriété pour Bow Wow (à noter qu’il joue avec beaucoup de naturel) et une routine pour Ice Cube (encore une fois il crève l’écran), et ce n’est pas demain la veille que ce genre film naïf sera un chef d’œuvre à la 8 Mile, oui mais ce n’est pas le but. Tout ceci étant dit, j’ai été agréablement surpris par ce film : c’est une petite fable qui aurait pu arriver dans n’importe quelle lieu au sein de toute communauté. Le ghetto n’est qu’un décor favorisant la dérision, mais le nerf de la guerre c’est l’amitié, l’amour, la collectivité qui se déchire et s’entraide etc. C’est donc un film « light » ayant quand même le mérite de suggérer quelques pistes de réflexion sur l’argent, avec une bonne vieille fin à l’américaine par contre, pleine de « good vibration » et de morale. Mais ce qui est certain, c’est que j’ai souvent sourit devant le film et parfois rigolé, et c’est vrai que là où c’est vraiment bon c’est que non seulement on s’amuse, mais il y a une véritable histoire derrière qui aurait certes gagner à être plus téméraire et généreuse en aventure, mais ça je pense que c’est le manque de moyen qui a scellé le destin de ce long métrage. Ce qui est salvateur c’est qu’on ne se prend pas au sérieux : à visionner un soir d’été quand on a envi de se vider la caboche. N’espérer pas plus de ce récit assez théâtral.

Que peut-on rajouter ? Bow Wow est certainement meilleur rappeur que comédien, en témoigne son dernier clip assez merveilleux :

 

Share

Laisser un commentaire